Conçu à la manière d'un recueil de poésies illustrées, bien que le processus soit en réalité inverse, "Les nuages blancs" résonne d'une sagesse presque enfantine. Les images offrent des récits et invitent à adopter un certain point de vue. Parfois drôles, parfois mélancoliques, ces instantanés forment un tout : un voyage personnel et introspectif.
"Les nuages blancs" est une série de photographies imprimées sur papier Hahnemühle German Etching 310g.
Je reste à votre disposition pour toutes expositions.
Les nuages blancs (prologue)
Tartines de miel, sucre et larmes qu’ont fît
Rouge aux genoux, feux et rires aux joues
Vélos en ligne sur la route dessinent
Tous sangs dehors, c’t’à moi, t’es mort.
Jeux dans les prés, terre sous ongles amers
Caries aux dents, à travers champs
Jeux dans les prés, chiens et rires d’hier
C’était le temps des nuages blancs.
Pauvres d’avoir mais dignes d’envies
Nippes à trous, à toi d’être le loup
Goûters de pain, délices de prairies
Jambes à son cou, couverts de boue.
Jeux dans les prés, terre sous ongles amers
Caries aux dents à travers chants
C’était autant de nuages blancs
C’était au temps des nuages blancs.
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Labyrinthe
Comptons jusqu'à dix
Face au pied de grue
Jouons ici, comme jadis
C'est entendu ?
Planquons-nous dans ce roux dédale
Cache-cachons-nous dans ce labyrinthe
Au cœur de rues, friches de métal
D'où la peau de rouille suinte.
Comptons jusqu'à dix
C'est entendu ?
Allons nous cacher
Hors de vue.
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Chemin de brume
Perdu dans un ciel
Un chemin d’aquarelle
Bordé de barbelés
Attend sagement des pas enchantés.
Ignorant du temps, et c’est essentiel
Ce chemin de matin
Se plaît dans l’éteint ciel
Guette visites raffinées
Visiteurs passionnés.
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Mont émerveille
C’est au pied du Mont
Et sa Merveille
Qu’au royaume de France
La baie s’ouvre pareille
À l’innocente pensée d’une enfance
Où l’horizon donne récompense.
Se marrer sur les rochers
Gravir, enchanté
C’est aux mouvements de fragrances
Que la marée danse.
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Complètement givré
C’est dans un froid Jura
Qu’un arbre au matin cria :
« Mon Dieu, qu’il jura Ce qu’il fait froid ! »
Ce qu’il faut sous ce froid rude
C’est avant tout de l’habitude
Ce n’est que ceci fait
Que l’on se plaît.
Ainsi l’arbre acta
Resta de glace et gela.
Le printemps venu
L’arbre n’y songea plus
L’épisode oublia
Et finalement cria :
« Vingt-Dieu, qu’il jura
Me revoilà ! »
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Sous les jupes de la Dame
Cachée derrière quelques perchoirs à merles
Une tour d’acier épie foule lasse
Face à sa voisine Montparnasse
Ravie d’être précieuse, gaie d’être perle.
Face aux mélodies d’oiseaux
Aux chants de Piaf
Cette tour non frêle, glamour universel
Chante musette sous de fines dentelles.
La belle se laisse ainsi fer
S’amuse de tous ces pas
Rie.
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Spleen
Ni de Baudelaire ni de Ferré
Ni de tristesse ou d’ennui
Joyeusons le moment comme gaieté
Car c’est ici que se trouve l’envie.
L’envie de créer, de trouver
De manier plumes et leviers
De transcrire vie et idées
De ne plus chercher mais trouver.
S’amuser honteusement
De mélanger le noir, le blanc
S’amuser simplement
De transcrire son vivant.
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Impression, soleil levant
Impression, j’en étais sûr
Qui d’autre que ce Claude je vous jure
Peut s’oser l’aisance d’une telle facture ?
Messieurs Dames, de vos yeux gruges
Notez qu’il n’y a ici que subterfuge
Que devant ce spectacle je m’insurge
Que en toute bonne foi
En ma qualité
De Louis Leroy
Pareil motif
N’aura pas ma voix.
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Le spectacle
Sur une plage de gros galets
Vagues s’enroulent dans le vent frais.
Ovales et ronds sont aux loges
Les mieux placées, il est vrai.
Réglée comme une horloge
La mer s’éloigne, se déroge
Découvre l’éloge
Et cela lui plaît.
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Gare à l’Art
Peindre sur un mur, comme c’est Bonnard
Un pinceau contre une bombe, c’est au temps.
Croiser quelques lignes aux motifs éclatants
Au profond de longs couloirs de gare
D’où fument encore cohues, résonnent boucans
D’un public aux abonnés absents.
Sentir vapeurs de jeunets
Odeurs de musards
De familles et d’enfants, passés somnolents...
Clans hybrides dépourvus d’égard à l’art, se disant :
« Mais qu’est-ce donc que ces Gribouillards ? »
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Attention à ta tête
Sous le pont de Bercy
Lorsque vient, une nuit
V’la un bateau avec plein de couchettes
Mais sous le pont attention à la tête.
Sous ce pont de Paris
Comme toutes les folles nuits
L’parfum d’l’eau c’est pas pour toi mon ami
Sous le pont de Bercy
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Paroisse muséale
Lignes onduleuses, serpentins fauves
Sur l’autel se destinent
Aux vues de spectateurs questionnés :
Eurydice fût-elle sauvée par Orphée ?
Sonia et Robert se combinent
Et cloués du haut de leurs cimaises
Stylisent
Révèlent de nouveaux temples
Cathédrales et églises
Couvrent les blancs de passions
De vivacités
De joyeuses ardeurs unifiées.
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Vagues à l’âme
Une vague dans le vent
S’enroule et s’épand.
L’homme, surpris par sa fougue
Charmé par sa houle
Heureux de ne voir foule
S’abandonne, ivre d’une mère de Normand.
Dieppe Apprends moi ton chant
Dieppe
Donne moi ta musique
Si brute, si magnifique.
Dieppe
Offre moi du temps.
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Suspendu
Ne pas se voiler la face
Faire front aux vents
Se draper dans la brume
Faire foi aux fins fils
Qui tiennent l’altitude.
Défier ce mont qui fume
D’ailes qui filent
Danser avec les nuages.
Marcher au bord du ciel
Survoler les alpages
Faire de ses sens, ciel.
Il n’est pas de meilleure place
Que celle du suspendu temps.
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Le chas et l’aiguille
Sur une plage au détour de Manche
Se dresse une aiguille au firmament
Qui émue de maints tourments
Se veut seule dans l’écume blanche.
Face au chas d’une porte d’aval
La dite aiguille dans le souffle s’en fiche
Résiste à rompre
Au béant de cette niche
Depuis des temps, choisit l’intervalle.
« Point question de devenir amants
Ho, mais que dirait donc ma mer
Si une passion si éphémère
Venait à rompre si beaux tourments »
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William
Être ou ne pas être
Grenouille gigantesque
Avalant passants, curieux et bestioles
Bus, cycles, motocycles et bagnoles
D’une langue longue, dite même Dantesque ?
La fameuse bête, être métropole
Gloutonne sans vergogne people
Telle une comédie presque burlesque.
Mais quelle est cette affaire ?
Telle est la question
Se dirait un William anglo-saxon.
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La Rose de l’Apocalypse
Trésor au cœur de pierre
Temple et lieu de prière
Sous ton gothique flamboyant
Ton Dieu s’infiltre, éblouissant.
D’yeux de l’âme et de l’aveu
Forces invisibles nourries de vœux
Colonnes dressées, arcs dominants
Emballent ici pieux palpitants.
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Pêcheurs de brume
Un matin dans un lointain
Se dresse un groupe de marins
Non pas posés sur un bateau
Mais alignés au bord de l’eau.
Le froid mord, comme un poison.
Les pauvres pêcheurs, à l’unisson
Jouent de cannes et d’hameçons
Jouent sans vergogne avec le poisson
Sont ici las, se donnent raison.
Perdu dans un ciel d’eau
Le petit groupe rigolo
Patiente, incertain
À l’idée de son festin.
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L’ancien atelier
Dans un ancien atelier
Planches et machines oubliées
Se drapent de poussières.
Nichée le long d’un étroit sentier
Proche d’une cascade réputée
Sa roue, à l’aube, presque incongrue
Désormais ne tourne plus.
Gorgé d’âmes ouvrières
De métiers, savoirs-faire
De travaux jadis convenus
Ce bâti n’existe plus.
Finis les costumes en tissus.
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L’ourson
Une jeune fille, sur un pont
Tenait sur son épaule, un ourson.
La dite bête, de soie cousue
Consolatrice, amie émue
Posait ainsi, comme amour frêle
Telle une brave sentinelle.
Sur ce pont, féru de Japon
La gamine, jupe au vent
Posait ainsi, face à ses parents
Pensait à de douces chansons
Veillée par son duveteux compagnon.
Dans une fine jupe de nylon
Une jeune fille, sur un pont
Tenait sur son épaule, un ourson
Et dans sa tête, des chansons.
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Rêve
Dans une mer, sans montagnes
Se tempêtent Diables et Démons
Monstres furieux qui s’empoignent
En vagues devenues monts.
Cette nuit, j’ai fait ce rêve
Ce songe, que le ciel se crève
Et qui, en moi, répand sa noire beauté
Sa sombre divinité.
Inutile d’attendre un matin
Cette nuit est possible fin
Dernière pensée, ou, peut-être
Début de ce qu’est mon être.
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Les nuages blancs (épilogue)
Ancien navire, ivre de chansons d’hier
C’est maintenant, le soleil, le vent
Heureux de rides et de vues sur la mer
Voici le temps, des nuages blancs
Ancien navire aux bois éternels
Nourri de vivre et de souvenirs chers
Voici le temps, des nuages blancs
Encore le temps, des nuages blancs
Toujours autant de nuages blancs.